me régiment d'infanterie de ligne
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Au champ d'asile
Un chef de Bannis courageux
Implorant un lointain asile
A des sauvages ombrageux
Disait : L'Europe nous exile
Heureux enfants de ces forêts
De nos maux apprenez l'histoire
Sauvages, nous sommes Français
Prenez pitié de notre gloire !
Elle épouvante encore les Rois,
Et nous bannit des vieux chaumes,
D'où, sortis pour venger nos droits,
Nous avons dompté vingt royaumes !
Nous allons conquérir la paix
Qui fuyait devant la victoire....
Sauvages nous sommes français
Prenez pitié de notre gloire !
Dans l'Inde, Albion a tremblé,
Quand de nos soldats intrépides,
Les chants d'allégresse ont troublé
Les vieux échos des Pyramides.
Les siècles pourtant de ces hauts faits
N'auront pas assez de mémoire
Sauvages, nous sommes Français,
Prenez pitié de notre gloire !
Et voici qu'un sauvage alors
S'écrie : Dieu, calme les orages !
Guerriers, partagez nos trésors,
Séchez vos pleurs sous nos ombrages.
Gravant sur l'arbre de la paix
Ces mots d'un fils de la victoire :
Sauvages, nous sommes Français,
Prenez pitié de notre gloire !
Le champ d'Asile est enfin créé.
Elevez-vous, cité nouvelle !
Soyez un port assuré
Contre la fortune infidèle
Peut-être un jour de vos hauts faits
Vos fils nous raconteront l'histoire.
Sauvages, nous sommes Français,
Prenez pitié de notre gloire !
1820 : Pierre-Jean de Béranger
Air : Romance de Bélisaire
Béranger a composé plusieurs chansons au souvenir des gloires passées de l’Empire.
Dans cette chanson, il commémore le Champ d’asile, une colonie de 120 exilés qui fut établit au Texas par les général Charles Lallemand en 1818. Ces anciens compagnons d’armes de Napoléon profitèrent de la neutralité de cette région qui n’était pas encor sous la juridiction des États-unis ou du Mexique qui tous deux la revendiquait. Leur présence suscita un sentiment d’urgence chez les Américains qui ne voulait pas d’une colonie composer d’anciens soldats Français. La colonie ne survécu que 6 mois, détruite lors d’un ouragan. Le flibustier Jean Laffitte les aida à regagner la Nouvelle-Orléans suite a ce désastre.