Jeune héros, digne d’envie,
Ton nom par nous est consacré ;
Barras, au nom de la Patrie,
Pour toi cet autel est paré ! (bis)
En ce jour le plus pur hommage,
Que nous puissions te présenter,
C’est le désir de t’imiter,
Et la valeur est de tout âge.
Célébrez, mes amis, célébrez ses exploits,
Chantez, chantez, que vos accents
s’unissent à ma voix.
Barras, au sortir de l’enfance
Annonça toutes les vertus ;
Quel dommage que pour la France
Ses talents soient si tôt perdus ! (bis)
A son pays, il fut fidèle ;
Il sut honorer ses parents ;
Il sut détester les tyrans ;
Il est en tout notre modèle.
Célébrez, mes amis, célébrez ses exploits,
Chantez, chantez, que vos accents
s’unissent à ma voix.
Brûlant d’une ardeur héroïque,
Soumis à l’empire des lois,
Il chérissait la République,
Et bravait la fureur des rois ; (bis)
Pour mieux honorer sa mémoire,
Ah ! loin de regretter son sort,
Envions bien plutôt sa mort,
Elle fut le sceau de sa gloire.
Célébrez, mes amis, célébrez ses exploits,
Chantez, chantez, que vos accents
s’unissent à ma voix .
Sèche tes pleurs, mère chérie,
Ton fils n’a perdu que le jour.
En s’immolant pour la Patrie,
Il en est l’honneur et l’amour ! (bis)
Cette Patrie libérale,
Sensible aux pertes que tu fais,
Saura remplacer les bienfaits
De la piéta filiale.
Célébrez, mes amis, célébrez ses exploits,
Chantez, chantez, que vos accents
s’unissent à ma voix.
La Patrie, amis, nous contemple,
Elle voit en nous son espoir.
Barras nous offre un grand exemple,
Et le suivre est notre devoir ; (bis)
Ornons de fleurs cette victime,
C’est un emploi cher à nos cœurs,
Méritons de pareils honneurs,
Que le même esprit nous anime.
Près de lui, chers amis, venez tous vous ranger,
Jurez, jurez, sur cet autel, jurez de le venger.
Joseph Bara (Barras), né en 1779 a Fontainebleau, est un enfant héro de la révolution Française. A l’age de 13 ans en 1792, le jeune Bara se porte volontaire et est incorporé au 8me hussard en temps que tambour. L’année suivante, le 17 frimaire de l’an II a l’age de quatorze ans, il est tué lors d’une embuscade a Jallais en Vendée.
Un rapport fait à la convention au sujet de ce jeune brave décrit comment, suite a un coup de sabre mortel à la tête, il meurt en pressant sa cocarde tricolore sur son cœur.
Selon d’autres, la légende veut qu’il ait préféré la morte, plutôt que de crier : Vive Louis XVII.