me régiment d'infanterie de ligne
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TROISIÈME PARTIE

PREMIÈRE LEÇON

194-Lorsque les trois hommes seront affermis dans les principes et les mécanismes du pas, la position du corps et le port d’armes, l’instructeur réunira cinq ou six hommes au moins, et au plus neuf, pour leur apprendre le principe du tact des coudes en marchant de front, ceux de la marche de flanc, le pas accéléré, le pas en arrière, les principes des changements des directions, des conversions en marchant, et de pied ferme, et les principes d’alignement.

 195-L’instructeur les placera sur un rang coude à coude et fera ensuite les commandements suivants.





196-Au commandement de marche, le rang partira vivement du pied gauche.

197-L’instructeur fera marcher un homme bien dressé à deux pas devant le soldat placé à la droite ou à la gauche du second rang, selon le côté où le guide aura été indiqué, et prescrira à ce soldat de marcher exactement dans la trace de l’homme qui le précède, en conservant toujours la distance de deux pas : c’est le moyen le plus sur de faire contracter aux hommes de recrue l’habitude de faire le pas de la longueur et de la vitesse prescrite.

198-L’instructeur fera observer les règles suivantes.

Tenir légèrement au coude de son voisin, de côté du guide ;
Parce qu’en tenant ainsi coude à coude son voisin, on est assuré d’être à peu près aligné, et qu’il ne se forme pas d’ouverture entre les files. Si, au lieu de tenir légèrement au coude de son voisin, on s’appuyait sur lui, on l’obligerait à appuyer à son tour du côté du guide, et on repousserait par la ce dernier hors de la direction.

Ne pas ouvrir le coude gauche ni le bras droit ;
Afin que le soldat ne pousse point son voisin, et n’occupe dans le rang que l’espace qu’il doit y tenir.

Céder à la pression qui vient du côté du guide, et résister à celle qui vient du côté opposé ;
Pour éviter de rejeter le guide en dehors de la direction.

Ne rejoindre qu’insensiblement le coude de son voisin du côté du guide, s’il venait à s’éloigner, ou si l’on s’en était soi même écarté ;
Parce qu’il peut arriver que le voisin se jette mal à propos, à droite ou à gauche. Si alors l’homme qui est à côté de lui, et successivement ceux qui suivent se conformaient brusquement à ce faux mouvement, il en résulterait que la faute d’un seul homme se propagerait à plusieurs ; et lorsque ensuite l’homme où la faute aurait commencé voudrait la réparer, il serait obligé de repousser son voisin, celui-ci l’homme suivant, et ainsi de suite jusqu’à l’aile ; ce qui occasionnerait un flottement continuel dans la marche. Si au contraire, chaque homme observe le principe de se conformer peu à peu aux mouvements de son voisin, ce dernier aura le temps de réparer sa faute, s’il en a fait une : son erreur ne se propagera pas, et le flottement n’aura pas lieu.

Conserver toujours la tête directe et les yeux fixés à terre, à douze ou quinze pas en avant de soi, de quelque côté que le guide soit indiqué ;
Parce que si les soldats tournaient la tête du côté du guide, elle entraînerait l’épaule opposée ; ce qui donnerait une fausse direction au rang, causerait une pression continuelle du côté du guide, et par conséquent du flottement. Les yeux fixés à terre à douze ou quinze pas devant, empêche que le soldat dérive en marchant, ce qui est un point très essentiel.

Si l’on s’aperçoit qu’on est soi même trop en avant ou trop en arrière, ne se remettre que peu à peu, en allongeant ou en raccourcissant de manière presque in sensible son pas ;
Parce que les mouvements brusques en marchant tendent toujours à désunir une troupe, et font perdre la cadence : car un homme ne saurait faire un pas de deux pieds et demi, dans le même espace de temps que son voisin en fait un de deux pieds, sans que le mouvement du premier ne soit plus vif que celui du second ; au lieu qu’on peu allonge le pas d’un ou deux pouces, sans qu’il en résulte une accélération sensible au mouvement.

199-Enfin l’instructeur s’attachera à faire comprendre aux hommes de recrues, que l’alignement ne peut se conserver en marchant que par la régularité du pas, par le tact des coudes et la carrure des épaules ; que si par exemple, il faisait des pas plus grand les uns que les autres, ou s’ils marchaient les uns plus vite les autres plus lentement, ils n’observeraient pas le tact des coudes, ils leur seraient impossible de juger s’il marche à la même hauteur que leur voisin, et s’il ne se forme pas entre eux des ouvertures.

200-L’instructeur les exercera ensuite à marcher obliquement à droite, avec le guide à gauche, et à marcher obliquement à gauche avec le guide à droite.

201-Dans la marche oblique, comme dans la marche directe, le tact des coudes doit toujours se prendre du côté du guide : ainsi chaque homme doit tenir légèrement au coude de son voisin de ce côté.

202-La marche oblique du côté opposé au guide étant beaucoup plus difficile qu celle qui a lieu du côté du guide, l’instructeur recommandera der redoubler d’attention toutes les fois qu’on obliquera ainsi.

203-Lorsque ces divers principes seront devenus familiers aux hommes de recrue, et qu’ils seront bien affermis dans la position du corps, le port d’armes, le mécanisme, la longueur et la vitesse du pas ordinaire, l’instructeur les fera passer du pas ordinaire au pas accéléré, et l’inverse de la manière suivante.

204-Le rang étant en marche au pas ordinaire, l’instructeur commandera :




 205-Au commandement de marche, qui sera fait sur l’un ou sur l’autre pied indistinctement, le rang prendra le pas accéléré.

206-La longueur de ce pas sera la même que celle du pas ordinaire, mais sa vitesse sera de cent par minute.
 
Observations relatives au pas accéléré.
 
207-Le pas oblique ne sera jamais accéléré.

208-La marche au pas accéléré s’exécutera d’après les mêmes principes qu’au pas ordinaire ; mais l’impulsion du pas accéléré disposant le soldat, s’abandonner, l’instructeur s’attachera à bien régler la cadence ce pas, et à habituer le soldat à conserver l’aplomb de son corps, ainsi que la régularité du pas.

209-L’instructeur fera quelquefois marquer le pas et changer le pas, en marchant au pas accéléré.

210- Lorsque l’instructeur voudra faire reprendre le pas ordinaire, il commandera :



211-Au commandement de marche, qui sera fait indistinctement sur l’un ou sur l’autre pied, le rang reprendra le pas ordinaire.

212-Le rang étant en marche, l’instructeur l’arrêtera par les commandements et moyens prescrits ci-dessus, n°24.

213-Si le rang marche au pas accéléré, le commandement de halte se fera un instant avant que le pied ne soit prêt à poser à terre.

214-Le rang étant de pied ferme, l’instructeur lui fera marcher le pas en arrière à cet effet, commandera :




215-Au commandement de marche, les soldats retireront vivement le pied gauche en arrière, et le poseront à distance d’un pied, à compter d’un talon à l’autre et ainsi de suite jusqu’au commandement de halte, qui sera toujours précédé de celui de peloton ; les soldats arrêteront à ce commandement, en rapportant le pied qui est en avant à côté de l’autre.

216-L’instructeur veillera à ce que les hommes ne s’appuient pas sur leur voisin, à ce qu’ils se portent droits en arrière, et que l’aplomb et la position du corps, ainsi que de l’arme soit toujours conservée.

1791 Drill regulations
École du soldat
3 ème Partie- 1 ère Leçon

  1. Peloton en avant
  2. Guide à gauche (ou à droite)
  3. Marche
  1. Pas accéléré
  2. Marche
1. Pas ordinaire
2-Marche
1-En arrière
2-Marche